mardi 22 décembre 2009

LES GENS BIEN

Une fois encore La Fontaine a raison suivant qu'on est riche ou puissant...

Les dirigeants d'EADS, et un nombre non négligeable de cadres, vendent leurs actions avant que le cours de bourse ne chute. Délit d'initié ? Non, ils disent ne pas avoir été au courant qu'il y avait un problème dans la société ! On se demande bien, si eux ne l’étaient pas à quoi servaient-ils ? Ils empochent des millions d'euros de plus-value et l'Autorité de Régulation des Marchés Financiers ne trouve rien à redire et reprend à son compte leur argument principal : l’industrie aéronautique est coutumière de la problématique des retards, plus ou moins gérables ou rattrapables !

D'un autre côté, Julien Dray aurait commis un petit abus de bien social, rien quelques milliers d'euros. Pas de quoi émouvoir un tribunal qui lui fait juste un petit rappel à l'ordre.

On constate que les notables élus ou puissants ne volent pas physiquement, leurs méthodes sont plus subtiles, les mots utilisés sont différents. Pour eux, on parle de «délit d’initié», de "détournement", "d'abus".

Seuls les pauvres volent et vont en prison. Pour eux, c'est normal, ce sont des pauvres habitués à la prison pas des gens bien. Quand on a volé un poulet dans un supermarché ou un paquet de chewing-gum on n'a pas un petit rappel à l'ordre mais de la prison avec sursis dans le meilleur des cas.

Si les gens biens ont aussi droit à la présomption d’innocence, ils ont surtout le devoir de montrer l’exemple. Avec eux on doit être deux fois plus exigeant en terme de probité.